Établi dès les débuts de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) en 1969 par Sœur Estelle Lacoursière, l’Herbier qui porte son nom depuis 2012 est aujourd’hui une ressource régionale indispensable dédiée à l’enseignement, à la recherche et à la valorisation de la biodiversité. Esther Lévesque, professeure au Département des sciences de l’environnement, poursuit le travail de sa mentore afin de faire de cet Herbier un lieu vivant, ouvert à la communauté, où se rencontrent savoir scientifique, transmission et engagement envers la nature.
« Sœur Estelle a influencé le parcours de nombreux étudiants, chercheurs et botanistes comme moi. Elle nous a transmis sa passion pour la nature, l’intérêt pour la collecte et l’identification des plantes. Ce fut un privilège de la côtoyer durant ma carrière et je m’étais fait la promesse de contribuer à la revitalisation de l’Herbier avant de partir à la retraite. C’est important de donner une nouvelle vie à l’Herbier, d’assurer sa conservation et de le rendre accessible au plus grand nombre. Estelle aurait voulu que plus de gens apprennent à reconnaître les plantes qui nous entourent, car on prend soin de ce que l’on connaît et de ce que l’on aime. L’Herbier, c’est un legs extraordinaire qui nous permet de poursuivre notre mission de formation et de recherche », exprime la professeure Esther Lévesque.
C’est devant une assemblée de botanistes réunis le 30 avril pour le colloque de FloraQuebeca à l’UQTR que la professeure Lévesque a procédé au lancement du nouveau site www.uqtr.ca/Herbier.EstelleLacoursiere. Elle a également présenté les quatre volets prioritaires du plan de développement de l’Herbier, soit la préservation et l’enrichissement des collections, l’amélioration des infrastructures, la composition de l’équipe de gestion de l’Herbier, ainsi que l’amélioration de la visibilité et l’accessibilité des collections. Cette nouvelle démarche permet à l’Herbier Estelle-Lacoursière d’affirmer sa volonté de rendre ses collections accessibles, de former la relève et de renforcer son rôle au cœur de la recherche et de la société québécoise.
Un outil de recherche et de formation précieux
Conservé précieusement dans les locaux de l’UQTR, l’Herbier Estelle-Lacoursière contient déjà plus de 20 000 spécimens de plantes vasculaires, de mousses et de lichens provenant principalement de la vallée du Saint-Laurent et du Nord canadien. Certains spécimens datent de la fin des années 1800, d’autres ont été récoltés par des botanistes bien connus, comme le Frère Marie-Victorin, mais la majorité est associée aux années 1960 et au travail de Sœur Estelle.
Si l’herbier est déjà un outil clé pour l’identification des plantes dans l’enseignement en sciences de l’environnement et une ressource botanique pour les chercheurs et les professionnels du milieu, Esther Lévesque et son équipe ont entrepris de rendre l’herbier plus accessible en numérisant l’information de chacun des spécimens dans une base de données gratuite et ouverte à tous (Voir la collection en ligne). Un véritable travail de moine qui rend hommage à la collection que la religieuse a permis de construire avec passion et rigueur et qui continue de grandir par l’ajout de spécimens comme ceux récemment acquis du Parc national de la Mauricie. Rappelons également que le Décanat de la recherche et de la création de l’UQTR, le groupe de recherche en biologie végétale (GRBV), ainsi que la Fondation de l’UQTR soutiennent le développement de l’Herbier.
« L’Herbier Estelle-Lacoursière joue un rôle central dans l’étude de la flore québécoise. Il permet de documenter l’évolution des écosystèmes, de comparer les espèces d’hier et d’aujourd’hui, et de soutenir les travaux en écologie, en taxonomie et en conservation. Les chercheurs y trouvent des données précieuses pour analyser les changements climatiques, les invasions biologiques ou la transformation des milieux naturels. C’est une richesse que nous avons et nous devons lui donner le soin qu’elle mérite », souligne le recteur Christian Blanchette.
Un personnage plus grand que nature
Affectueusement appelée la « sœur verte », Sœur Estelle Lacoursière est une figure emblématique en environnement au Québec. En 1969, cette pédagogue convaincue a d’ailleurs contribué à la mise sur pied du programme de biologie et écologie de l’UQTR, où elle a enseigné jusqu’en 2003.

Avant de prendre sa retraite, la professeure Esther Lévesque s’était promis de rendre hommage au travail de Sœur Estelle Lacoursière, qui a été une réelle mentore pour elle et de nombreux chercheurs au Québec.
Également coauteure de nombreuses publications, Estelle Lacoursière souhaitait faire connaître les milieux naturels québécois avec une visée manifeste de préservation. Parmi ses publications qui ont connu des réimpressions, il y a lieu de mentionner trois manuels scolaires pour le primaire, soit L’arbrier québécois (1981), L’herbier québécois (1982) et Étang, un milieu de vie (1989) ainsi que L’herbier médicinal : album d’ethnobotanique québécoise (1983), L’érablière apprivoisée (1996) et le tome 1 de Fleurs sauvages du Québec (1998).
Membre de l’Ordre du Canada et Officière de l’Ordre national du Québec, Sœur Estelle Lacoursière a reçu de nombreuses reconnaissances qui soulignent l’excellence de sa contribution. En 2010, la Ville de Trois-Rivières a nommé en son honneur un parc à proximité du pont Laviolette où un parcours nous guide pour observer la nature sur les rives du fleuve. En 2019, à l’âge de 84 ans, Mme Lacoursière a reçu un doctorat honoris causa de l’UQTR pour ses efforts soutenus de vulgarisation scientifique et d’éveil de la conscience environnementale du public.
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