Lorsqu’on pense à la grippe, on pense surtout aux poumons. Pourtant, lors d’une infection par le virus influenza A, les plaquettes sanguines peuvent elles aussi être affectées. Elles participent à l’inflammation et à la formation de caillots, des mécanismes normalement utiles pour protéger l’organisme. Cependant, lorsqu’ils deviennent trop importants, ces mécanismes peuvent contribuer aux complications observées dans les formes sévères de l’infection.
Mais pourquoi les plaquettes changent-elles pendant l’infection ? C’est ce que j’ai cherché à comprendre au cours de mon doctorat.
Les plaquettes sont produites dans la moelle osseuse par de grandes cellules appelées mégacaryocytes. Mon hypothèse était que l’inflammation provoquée par l’infection pouvait agir sur ces cellules et ainsi modifier les plaquettes qu’elles produisent.
Je me suis particulièrement intéressée à STING, une protéine qui participe aux mécanismes de défense de nos cellules. Mes travaux montrent qu’au début de l’infection, les signaux inflammatoires modifient la localisation de STING dans les mégacaryocytes et favorisent sa présence dans les régions où se forment les futures plaquettes. À ce moment, les plaquettes des souris infectées contiennent davantage de STING. En laboratoire, lorsque je les stimule pour activer STING, ces plaquettes montrent une réponse plus forte. Plus tard dans l’infection, lorsque l’environnement inflammatoire change, la quantité de STING diminue dans les mégacaryocytes.
Ces résultats montrent que les mégacaryocytes s’adaptent aux différents signaux qu’ils reçoivent pendant l’infection, et que cette adaptation pourrait influencer les caractéristiques des plaquettes qu’ils produisent.
Mieux comprendre cette adaptation pourrait ainsi expliquer l’origine de certains changements observés dans les plaquettes et, à plus long terme, aider à identifier de nouvelles façons de limiter leurs effets néfastes lors d’infections virales, tout en préservant leurs fonctions essentielles.
Thèse de doctorat en biologie cellulaire et moléculaire, soutenue le 5 juin 2026.
Membres du jury
Professeure Geneviève Pépin, Direction de recherche
Université du Québec à Trois-Rivières
Professeur Marc Germain, Présidence
Université du Québec à Trois-Rivières
Professeur Carlos Reyes-Moreno, Membre interne
Université du Québec à Trois-Rivières
Professeur Luc Boudreau, Membre externe
Université de Moncton
