L’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) accueille cet automne le professeur Claude Roux, l’une des figures internationales les plus reconnues dans le domaine de la science forensique. Professeur distingué de science forensique à l’University of Technology Sydney (UTS), en Australie, M. Roux effectuera un séjour de recherche de trois mois au sein du Département de biochimie, chimie, physique et science forensique, du Groupe de recherche en science forensique et du Laboratoire en sémiotique forensique de l’UQTR.
Prévu du 1er octobre au 31 décembre 2026, ce séjour témoigne de la capacité de l’UQTR à attirer des chercheurs de premier plan et à s’inscrire dans des réseaux de collaboration qui dépassent largement les frontières du Québec et du Canada, notamment grâce aux démarches du professeur Frank Crispino.
Le parcours du professeur Roux illustre l’envergure de cette collaboration. Détenteur d’un doctorat en science forensique de l’Université de Lausanne, en Suisse, il est professeur à l’UTS depuis 1996 et y détient depuis 2018 le titre de professeur distingué. Il dirige également le Centre for Forensic Science (CFS) de l’UTS depuis 2002. Son parcours universitaire et scientifique est accompagné d’une production particulièrement importante : environ 300 articles publiés dans des revues évaluées par les pairs, une trentaine de chapitres de livres et un ouvrage. Son indice h (qui mesure, en résumé, son niveau de productivité et d’impact) est de 67 (très élevé) et ses travaux comptent plus de 13 600 citations selon Google Scholar.
Une reconnaissance internationale exceptionnelle
L’année 2026 marque d’ailleurs un nouveau sommet dans la carrière du chercheur. Claude Roux a été nommé Officer of the Order of Australia (AO) pour ses services distingués à la science forensique, au développement technologique, aux services policiers, à l’éthique et à l’enseignement supérieur. Il a également reçu cette année le P.L. Kirk Award de l’American Academy of Forensic Sciences, l’une des distinctions importantes de son domaine.
Son rayonnement international s’est notamment manifesté à la tête de l’International Association of Forensic Sciences, dont il a été président de 2017 à 2023. Il agit également comme rédacteur en chef de WIREs Forensic Science, une publication de John Wiley, et siège à différents comités et instances scientifiques en Australie et à l’étranger. Son parcours l’a notamment amené à contribuer aux travaux de l’International Criminal Court, à La Haye, et à participer à des comités scientifiques et professionnels en Europe, aux États-Unis, au Canada et dans plusieurs autres régions du monde.
Cette expérience internationale constitue un atout important pour l’UQTR, puisque le séjour permettra de multiplier les échanges avec un chercheur au cœur de plusieurs réseaux scientifiques consacrés à l’évolution de la science forensique.
Une expertise directement liée aux travaux de l’UQTR
La venue de Claude Roux s’inscrit dans une forte complémentarité avec les activités menées en science forensique à l’UQTR, entre autres par le professeur Crispino dans le domaine de l’interprétation de preuves. Au cours de son séjour, il collaborera notamment aux travaux portant sur l’impact de la Déclaration de Sydney sur les milieux universitaires et la pratique au Canada et en Amérique du Nord, le développement d’une sémiotique forensique, ainsi que la rédaction d’un ouvrage consacré à l’histoire de la criminalistique de 1968 au début des années 2000.

Le professeur Frank Crispino (Photo : archives, UQTR)
La Déclaration de Sydney occupe justement une place importante dans les travaux récents du professeur Roux. Il est notamment coauteur d’un article publié en 2022 dans Forensic Science International consacré aux principes fondamentaux de la science forensique, ainsi que de travaux plus récents portant sur son application dans différents contextes. Son CV recense également plusieurs publications de 2026 consacrées à cette question.
Le séjour prévoit par ailleurs la mise en place de collaborations dans le cadre de la Global Forensic Science Alliance (GFSA), dans laquelle l’UQTR est active.
Un apport pour la formation et la relève
Au-delà des projets de recherche qui seront menés durant son séjour, la présence du professeur Roux représente également une occasion de favoriser les échanges avec la relève en science forensique.
Son expérience en formation et en encadrement est considérable. Depuis 2002, il a supervisé ou cosupervisé plus de 30 diplômés de doctorat et participé à la gestion de 38 parcours doctoraux complétés en science forensique. Il possède également une vaste expérience en développement de programmes universitaires et en évaluation de la qualité de la formation dans plusieurs établissements en Australie et en Nouvelle-Zélande.
Sa présence reconnaît l’expertise développée à l’UQTR, qui dispose de quatre baccalauréats (concentrations traces chimiques, traces physiques, traces biologiques et traces numériques) et une maitrise en Science, en plus de huit doctorats sur mesure en Science forensique.
Une présence qui contribue au rayonnement de l’UQTR
Avec plus de 30 ans d’expérience dans la prestation de services en criminalistique, notamment dans l’analyse des fibres, des peintures, du verre et des marques et impressions, Claude Roux possède une expertise qui se situe à la croisée de la recherche, de la formation et de la pratique professionnelle.
Son accueil à l’UQTR illustre ainsi la volonté de l’Université de consolider sa position dans le domaine de la science forensique en favorisant des collaborations internationales porteuses, comme celle initiée par le professeur Vincent Mousseau du département de biochimie, chimie, physique et science forensique, chercheur invité au CFS de l’UTS à Sydney. La rencontre entre l’expertise développée à Trois-Rivières et celle d’un chercheur dont les travaux rayonnent à l’échelle internationale pourrait contribuer à faire émerger de nouveaux projets, à renforcer les réseaux de recherche et à accroître la visibilité des travaux réalisés à l’UQTR.
Pour l’Université, la venue de Claude Roux constitue donc bien plus qu’un séjour de recherche : elle consolide et renforce les liens entre la communauté scientifique trifluvienne de certains des grands réseaux internationaux, et met en lumière la qualité du travail en traçologie effectué à l’UQTR et sur la scène mondiale.
