L’UQTR signe cette année l’une des activités de la programmation des Entretiens Jacques Cartier (EJC), qui auront lieu du 9 au 11 novembre prochain. Le 10 novembre, à Victoriaville, sa Chaire de recherche municipale pour les villes durables réunira des spécialistes de France et du Québec autour d’une question sur laquelle l’Université a développé une expertise reconnue : comment la science peut-elle éclairer la prise de décision des municipalités?
Intitulée « Vers une souveraineté scientifique des municipalités et des collectivités locales : expériences France-Québec », la journée réunira plus d’une vingtaine de chercheuses et chercheurs, d’élues et élus et de gestionnaires municipaux du Québec et de la France. Les discussions porteront sur les moyens de rapprocher les connaissances scientifiques des réalités du terrain, afin d’aider les organisations municipales (municipalités, MRC, agglomérations, métropoles) à relever des défis comme l’aménagement du territoire, l’environnement, le développement local et social ou l’adaptation aux changements climatiques, et à mieux anticiper les enjeux à venir.
Organisés annuellement par le Centre Jacques Cartier, les EJC rassemblent des expertes, des experts et des décideurs d’Auvergne-Rhône-Alpes, du Québec et de la Francophonie canadienne. Depuis la création de l’événement, quelque 80 000 participantes et participants ont été mobilisés. La programmation est bâtie à partir de projets sélectionnés par concours, chacun devant reposer sur une collaboration entre deux membres de part et d’autre de l’Atlantique. Membre à part entière des EJC depuis peu, l’UQTR peut désormais soumettre des projets au concours et participer aux rencontres stratégiques réservées aux membres, dont la Commission internationale franco-québécoise, où siégera Lyne Dubois, directrice du Bureau des relations internationales de l’UQTR, le 9 novembre. C’est d’ailleurs cette adhésion qui a permis d’amener l’un des rendez-vous des Entretiens dans la région.
Une expertise qui a fait ses preuves sur le terrain
Le choix de Victoriaville n’est pas le fruit du hasard. Habituellement présentés dans de grands centres urbains, les Entretiens se transporteront cette fois dans une ville de taille intermédiaire, afin de démontrer que l’innovation municipale et la collaboration entre la science et la décision publique ne sont pas réservées aux grandes métropoles.
C’est aussi à Victoriaville que l’UQTR a développé l’expertise que les Entretiens permettent de faire rayonner à l’international : un modèle de collaboration entre la science et la municipalité. Simon Barnabé, professeur à l’UQTR et titulaire de la Chaire de recherche municipale pour les villes durables, y agit comme conseiller scientifique en chef de la Ville. Coordonnateur terrain de la Chaire, Nicholas Fecteau coordonne pour sa part la Table des conseillères et conseillers scientifiques en chef municipaux, un réseau québécois qui rassemble les municipalités et les organisations publiques ayant choisi de se doter d’un mécanisme de conseil scientifique pour éclairer leurs décisions.
Le mouvement prend de l’ampleur : au Québec, près d’une vingtaine de municipalités, de MRC et d’autres organisations municipales ont entrepris de mettre en place de tels mécanismes ou d’en explorer la possibilité.
« Ce que nous avons construit avec Victoriaville intéresse au-delà du Québec, parce que toutes les collectivités font face à la même difficulté: décider vite, sur des enjeux complexes, sans toujours avoir accès à la recherche. Recevoir nos collègues de Grenoble chez nous, c’est montrer que ce modèle fonctionne, et continuer à l’améliorer avec eux », souligne Simon Barnabé, titulaire de la Chaire de recherche municipale pour les villes durables.
Un dialogue entre deux continents
La journée est coportée par la Chaire et le laboratoire Pacte de l’Université Grenoble Alpes, où la professeure Magali Talandier assure la coorganisation du volet français, en collaboration avec la Table des conseillères et conseillers scientifiques en chef municipaux. Animée par Martine Lizotte, de l’Université de Sherbrooke, elle s’ouvrira sur une conférence de Magali Talandier et de Simon Barnabé, suivie de deux sessions, « Le conseil scientifique : un art ou une science? » et « Des collectivités locales, des modèles », d’une table ronde sur les conditions de succès du conseil scientifique municipal et d’un atelier interactif consacré au passage des savoirs aux actions.
Du côté français, Magali Talandier (Université Grenoble Alpes et Grenoble Métropole) sera accompagnée de Benoit Laignel (Université de Rouen et Métropole de Rouen), de Nicolas Fieulaine (Université de Lyon et Métropole de Lyon) et de Clément Frossard (Grenoble-Alpes Métropole). Ils échangeront avec des représentantes et représentants de Victoriaville, de Longueuil, de Gatineau, de la MRC du Granit et de la Communauté métropolitaine de Québec, ainsi qu’avec des chercheuses et chercheurs de plusieurs universités québécoises.
L’UQTR sera présente tout au long de la journée. Lyne Dubois et Mathieu Gingras, directeur adjoint du Service des partenariats et du soutien à l’innovation (SPSI) et codirecteur de l’Observatoire des régions centrales (ORC), prendront la parole à l’ouverture. Mathieu Gingras participera aussi à la première session et animera la table ronde de l’après-midi, tandis que Younès Bareha interviendra dans la seconde session. Nicholas Fecteau et Galaad Lefay livreront la synthèse des enseignements et des prochaines étapes en fin de journée.
« L’objectif est de créer un dialogue concret entre les milieux universitaires et municipaux afin que les collectivités puissent davantage s’appuyer sur les connaissances scientifiques pour éclairer leurs décisions », explique Nicholas Fecteau, coordonnateur terrain de la Chaire de recherche municipale pour les villes durables.
Des partenariats stratégiques à développer
Au-delà des conférences, les organisateurs souhaitent faire émerger de nouvelles collaborations entre municipalités, chercheuses, chercheurs et institutions des deux côtés de l’Atlantique. Pour l’UQTR, le statut de membre à part entière s’inscrit dans une stratégie : consolider ses liens avec la région Auvergne-Rhône-Alpes, où elle compte déjà des ententes avec plusieurs établissements, notamment à Chambéry, à Grenoble et à Lyon.
L’Université y arrive avec des acquis. Le SPSI coordonne plusieurs ententes de collaboration et de conseil scientifique avec le milieu municipal, notamment à Trois-Rivières, Nicolet, Drummondville et Bécancour. Mandaté par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, l’ORC accompagne pour sa part les 25 MRC de Lanaudière, de la Mauricie, du Centre-du-Québec et de l’Estrie, dont la MRC d’Arthabaska, hôte de l’événement. Ces expertises alimentent le Pôle d’expertises sur les territoires en transition, un projet institutionnel en cours de déploiement qui réunit près de 50 professeures et professeurs.
L’événement repose lui-même sur un large réseau de partenaires. Il bénéficie du soutien financier de deux autres universités, l’Université du Québec en Outaouais et l’Université de Sherbrooke, ainsi que de deux réseaux : le Réseau francophone international en conseil scientifique (RFICS) et le Centre interdisciplinaire de recherche en opérationnalisation du développement durable (CIRODD). Le Fonds de recherche du Québec, le Consulat général de France à Québec, la Ville de Victoriaville et l’Union des municipalités du Québec y contribuent également, tout comme l’UQTR, par l’entremise de son Bureau des relations internationales, du SPSI et de l’ORC.
« Devenir membre à part entière des Entretiens Jacques Cartier, c’était affirmer que l’UQTR a sa place dans les grands lieux de la coopération franco-québécoise. Nous y arrivons avec une expertise concrète : celle d’une université qui travaille au quotidien avec les municipalités pour que la science éclaire leurs décisions. C’est ce que la France vient voir à Victoriaville », ajoute pour sa part Sébastien Charles, vice-recteur à la recherche et au développement.
La journée se tiendra le 10 novembre, de 8 h 30 à 19 h, au Pavillon du Mont Arthabaska, à Victoriaville. Gratuite, elle est ouverte à toutes et à tous, mais l’inscription est obligatoire, sur le site des Entretiens Jacques Cartier.
Vous souhaitez participer à la prochaine édition des EJC? L’appel à projets pour l’édition 2027 devrait être lancé d’ici la fin de 2026. Restez à l’affut!
