Un travail d’envergure mené par Stephanie May-Ruchat, professeure au Département des sciences de l’activité physique à l’UQTR, et sa collègue Margie Davenport de l’Université de l’Alberta, a permis de développer les premières directives canadiennes pour guider les femmes qui viennent d’accoucher dans leur pratique d’activité physique. La publication de Directives canadiennes sur l’activité physique, la sédentarité et le sommeil pour la première année post-partum se veut l’aboutissement de trois ans de travail.
Pendant cette période, ce sont plus de 19 000 articles portant sur la santé maternelle et infantile qui ont été examinés, dont 574 ont été retenus et inclus dans sept méta-analyses. Une étude Delphi a d’ailleurs été nécessaire pour permettre d’identifier pour la première fois les contre-indications à l’activité physique après l’accouchement et développer le questionnaire Menez une vie plus active pendant la période post-partum. Ce questionnaire a été conçu pour permettre aux femmes en post-partum d’identifier si elles ont besoin de conseils médicaux avant de commencer ou de reprendre une activité physique d’intensité modérée à vigoureuse après l’accouchement, et pour réduire les obstacles à la pratique d’une activité physique.
Il s’agit d’un travail considérable qui a permis de formuler des recommandations basées sur des données probantes :
- Toutes les femmes sans restriction médicale (contre-indication) devraient être fortement encouragées à pratiquer une activité physique régulière après l’accouchement.
- Le nouveau questionnaire Menez une vie plus active pendant la période post-partum a été conçu pour permettre aux femmes en post-partum d’identifier si elles ont besoin de conseils médicaux avant de commencer ou de reprendre une activité physique d’intensité modérée à vigoureuse après l’accouchement, et pour réduire les obstacles à la pratique d’une activité physique.
- La recherche démontre les bienfaits pour la santé et la sécurité d’être physiquement active après l’accouchement.
- Ces nouvelles directives soulignent qu’il n’existe pas d’approche unique, et que la progression vers les 120 minutes recommandées d’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse doit être individualisée, progressive et basée sur les symptômes.
- Combiner des exercices cardiovasculaires et de renforcement musculaire est recommandé, au moins quatre jours par semaine. Il est recommandé de pratiquer tous les jours des exercices de renforcement des muscules du plancher pelvien.
- La mobilisation précoce (par exemple, la marche légère) après l’accouchement est encouragée pour favoriser la récupération, le sommeil et la guérison.
Le sommeil joue également un rôle majeur pour soutenir le bien-être des nouvelles mères :
- La recherche a montré qu’avoir un niveau d’activité physique plus élevé améliore la qualité du sommeil et réduit la fatigue générale après l’accouchement.
- Les interventions sur le sommeil (par exemple, l’éducation sur les habitudes et les stratégies de sommeil du nourrisson) réduisent la sévérité des symptômes dépressifs.
- L’atteinte de cet objectif et des autres objectifs des directives ne peut se faire sans le soutien du partenaire, de la famille et de la société.
En suivant ces directives, les nouvelles mamans peuvent réduire leur risque de dépression (45 %), d’incontinence urinaire (37 %), et de diabète de type 2 (28 %) sans augmenter leur risque de blessure et compromettre la qualité de leur lait et la croissance de leur enfant.
Ces nouvelles directives de recherche font suite à la publication, en 2018, des Directives canadiennes en matière d’activité physique durant la grossesse.
Le développement de ces directives n’aurait pas été possible sans le travail acharné et le dévouement de nombreuses personnes : le groupe d’experts composé de chercheurs de l’Université de l’Alberta, de l’Université du Québec à Trois-Rivières, de l’Université Western, de l’Université d’Ottawa, de l’Université Queen’s, de l’Université de Victoria, de l’Université de Toronto, ainsi que de représentants de la SCPE, de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, de l’Académie canadienne de médecine du sport, du Collège des médecins de famille du Canada, de l’Association canadienne des sages-femmes et de l’Association canadienne de physiothérapie. Il en va de même pour l’équipe chargée des revues systématiques de la littérature, et l’équipe internationale qui a mené l’étude Delphi.