Le projet SHIFT (Sustainable Hydrogen Infrastructure for Transitioning towards Community Scale), mené par un consortium réunissant l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Simon Fraser University et l’Université de Victoria, reçoit un financement de 7 millions $ de la part de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI), dont environ 1 130 000$ à l’UQTR.
Ce montant qui permettra à notre institution d’acquérir notamment un nano-tomographe à rayons X, un équipement de haute précision permettant d’analyser la dégradation des composants, l’intégrité structurelle et les propriétés des matériaux dans des conditions réelles ou simulées.
Ces infrastructures permettront aux chercheurs de mieux comprendre les modes de défaillance des électrolyseurs et de concevoir des membranes, catalyseurs et assemblages membrane-électrode plus durables. L’UQTR contribuera également à l’analyse des interactions entre les matériaux, un enjeu crucial pour prolonger la durée de vie des systèmes d’électrolyse.
Le coût total du projet est estimé à 17,6 millions de dollars.
Un projet majeur
Le projet SHIFT se veut une initiative visant à développer des infrastructures de recherche de pointe pour produire de l’hydrogène vert à grande échelle. L’ambition : lever les verrous technologiques qui freinent encore la transition énergétique.
En s’inscrivant dans les priorités énergétiques du Québec et du Canada, SHIFT ambitionne de positionner la recherche canadienne parmi les chefs de file mondiaux de l’hydrogène vert. Grâce à ses infrastructures et ses partenariats, l’UQTR, grâce aux recherches de la professeure Samaneh Shahgaldi, du Département de biochimie, chimie, physique et science forensique entend contribuer activement à l’émergence d’une économie énergétique durable et compétitive.
L’hydrogène vert, obtenu par électrolyse de l’eau à partir de sources renouvelables, est considéré comme un pilier de la décarbonation des transports, de la production énergétique et des industries lourdes. Mais son développement est limité par des coûts de production élevés et une difficulté à passer à l’échelle industrielle et SHIFT entend s’attaquer directement à ces défis. Le projet mise sur l’optimisation de l’électrolyse à membrane échangeuse d’anions, une technologie émergente utilisant des matériaux plus abondants et moins coûteux que les catalyseurs actuels. Cette approche pourrait faire chuter les coûts de production de l’hydrogène de 5 $/kg à moins de 1 $/kg, un seuil déterminant pour une adoption massive.
Le projet adopte également une approche inclusive, intégrant des mesures en équité, diversité et inclusion. Des initiatives de mentorat, des politiques de recrutement équitables et des collaborations avec des communautés autochtones et des organismes de promotion des femmes en sciences visent à diversifier la participation dans les domaines des sciences et du génie.
Former la relève dans un secteur en pleine émergence
Au-delà de la recherche, SHIFT aura un impact majeur sur la formation de la prochaine génération de spécialistes. Les trois universités prévoient former plus de 400 personnes hautement qualifiées au cours des dix prochaines années, incluant personnes étudiantes et stagiaires postdoctoraux. Ces démarches s’appuient sur des partenariats avec l’industrie afin d’assurer une transition fluide entre les laboratoires et les applications sur le terrain.
