Changements climatiques, violence, inégalités sociales et omniprésence du numérique, voilà autant d’éléments qui perturbent toute une génération. Les jeunes d’aujourd’hui grandissent dans un monde tourbillonnant où s’entremêlent de nouveaux défis sociétaux et des facteurs de risque bien connus qui façonnent profondément leur développement et peuvent laisser des traces durables sur leur bien-être et leur santé mentale.
Jacinthe Dion, professeure au Département de psychologie de l’UQTR, s’intéresse à la manière dont les jeunes grandissent au cœur d’un monde saturé de transformations rapides, de risques émergents et de vulnérabilités persistantes. Selon elle, les adolescents et jeunes adultes ne sont pas seulement exposés à ces enjeux, ils les vivent simultanément dans leurs milieux de vie, leurs relations et leurs environnements scolaires.

La surexposition aux médias sociaux peut créer un environnement psychosocial complexe chez les jeunes.
« Contrairement à autrefois, les vulnérabilités ne sont pas confinées à un seul espace. Avec la popularité des médias sociaux, elles se manifestent à la maison, à l’école, dans les relations amoureuses et dans l’espace public. Par exemple, un jeune qui vit de l’intimidation à l’école ou qui vit de l’anxiété par rapport à son identité est toujours confronté à ses problèmes lorsqu’il consulte ses médias sociaux. Cette omniprésence crée donc un environnement psychosocial plus complexe que celui vécu par les générations précédentes », affirme la chercheuse qui s’intéresse à la santé mentale des jeunes depuis 2006.
Pour faire le point sur les enjeux émergents qui touchent les jeunes et explorer des pistes de solutions, la professeure Dion participera au 93e congrès annuel de l’Acfas. Avec ses collègues de l’Université du Québec à Chicoutimi et du Cégep de Jonquière, elle organise le colloque intitulé Jeunes et transformations : enjeux émergents, vulnérabilités et leviers d’action, qui se déroulera le 13 mai prochain.
« Nous voulons mieux comprendre ce que vivent les jeunes et quels sont les meilleurs facteurs de protection. Comment pouvons-nous mieux former les intervenants ou quels outils pouvons-nous développer afin de mieux les accompagner dans cette réalité qui est propre à leur génération? C’est ce que nous voulons savoir », explique Jacinthe Dion.
Acfas 2026 : un rendez-vous incontournable
Devant une possibilité quasi infinie de colloques internationaux, séminaires de recherche et regroupements scientifiques, il ne faisait aucun doute pour Jacinthe Dion de choisir le 93e congrès de l’Acfas pour y présenter ses résultats de recherche.
« Nous avons la chance inouïe que le congrès se tienne à l’UQTR cette année, alors il a été tout naturel d’y soumettre notre proposition de colloque. C’est toujours agréable de prendre part à un grand événement comme celui-là en étant l’université hôte. C’est aussi important d’impliquer les étudiants de mon équipe de recherche afin de leur faire vivre cette expérience qui leur sera bénéfique dans leur cheminement », témoigne Jacinthe Dion.
Sciences sans frontières
Questionnée sur le sens de la thématique « sciences sans frontières » du 93e congrès annuel de l’Acfas, la chercheuse y voit un lien évident avec ses intérêts de recherche.
« Partout dans le monde, les chercheurs ont de l’intérêt pour la santé mentale des jeunes. En ce sens, la problématique est sans frontières. Elle est présente dans toutes les sociétés. D’ailleurs, durant notre colloque, on parlera de travaux réalisés au Manitoba, en France et même au Bangladesh. C’est ce que rend possible un congrès comme celui de l’Acfas qui regroupe des experts de partout dans le monde autour d’une même problématique. Les échanges seront extrêmement enrichissants », conclut Mme Dion.
Rappelons que la présentation du 93e congrès annuel de l’Acfas à l’UQTR est rendue possible grâce à la participation de précieux partenaires dont Innovation et Développement économique (IDÉ) Trois-Rivières, Covariance et la Fondation de l’UQTR.

