Cette thèse explore les relations entre le suicide et l’homicide-suicide (HS) en proposant une lecture intégrative qui dépasse leur opposition classique. Elle vise à déterminer dans quelle mesure ces phénomènes relèvent de processus communs ou de dynamiques distinctes, en s’appuyant sur trois articles complémentaires mobilisant des approches méthodologiques différentes mais articulées entre elles.
Le premier article consiste en une revue systématique de 24 études comparatives portant sur les auteurs d’HS et les victimes de suicide. Il permet de dégager les principaux facteurs associés à chacun des phénomènes et d’identifier leurs recoupements et distinctions à partir de la littérature existante.
Le deuxième article repose sur une étude comparative quantitative menée à partir de dossiers médico-légaux québécois
(n = 70 HS intrafamiliaux; n = 70 suicides). Des analyses statistiques, notamment une régression logistique, sont utilisées pour identifier les variables prédictives différenciant les deux groupes.
Le troisième article adopte une approche à la fois comparative et typologique, en distinguant différents types d’actes
(HS conjugal, filicide-suicide, suicide). Il combine des analyses bivariées et une analyse de classification (Two-Step Cluster) afin d’identifier des profils d’individus au-delà des catégories traditionnelles.
Ces trois approches se complètent de manière séquentielle et intégrée : la revue systématique établit un cadre conceptuel et empirique global; l’étude comparative teste ces distinctions dans un échantillon empirique; enfin, l’analyse typologique dépasse la logique dichotomique en mettant en évidence des profils transversaux. Dans l’ensemble, la thèse montre que le suicide et l’HS partagent certains déterminants, mais s’organisent différemment selon l’articulation entre détresse psychique et dynamique relationnelle. Elle propose ainsi de concevoir l’HS comme l’intersection de trajectoires suicidaires et homicidaires, dont l’expression varie selon les contextes individuels et interpersonnels.
Thèse de doctorat continuum d’études en psychologie (profil recherche) soutenue le 29 avril 2026.
Membres du jury
Professeure Suzanne Léveillée, Directrice de recherche
Université du Québec à Trois-Rivières
Professeur Dominick Gamache, Président du jury
Université du Québec à Trois-Rivières
Professeure Julie Lefebvre, Membre interne
Université du Québec à Trois-Rivières
Professeur Alexandre L’Archevêque, Membre externe
Université du Québec à Montréal
