Comment se construit l’actualité dans les communautés francophones en situation minoritaire au Canada à l’ère du numérique ? C’est à cette question que répond la thèse d’Annie Desjardins. Son travail s’intéresse à un contexte particulier : celui de communautés dont la vitalité linguistique et culturelle demeure fragile et où les médias jouent un rôle essentiel de cohésion, de visibilité et de développement.
Pour explorer ce phénomène, Annie Desjardins a adopté la méthodologie de la théorisation enracinée, une approche inductive qui vise à faire émerger la théorie à partir des données empiriques.
Les résultats montrent que la construction de l’actualité dans les communautés francophones en situation minoritaire est façonnée par un environnement marqué à la fois par la rareté des ressources, les transformations numériques et la proximité entre les acteurs. Malgré des défis financiers, organisationnels et technologiques importants, les médias communautaires font preuve d’une résilience constante qui constitue une caractéristique centrale de leur fonctionnement. La recherche révèle également que la proximité géographique, sociale et communautaire influence profondément le travail journalistique. Plutôt que de reposer principalement sur une négociation explicite avec les sources, la construction de l’actualité s’ancre dans un processus réflexif par lequel les journalistes intègrent les contraintes et les attentes de leur milieu à leur pratique professionnelle. Enfin, l’étude montre que, même dans un contexte fortement alimenté par les communications institutionnelles, les journalistes conservent une réelle autonomie éditoriale en privilégiant les voix citoyennes et communautaires et en demeurant à l’origine d’une part importante des contenus publiés.
Thèse de doctorat en lettres (communication sociale), soutenue le 15 juin 2026.
Membres du jury
Professeur Jason Luckerhoff, Direction de recherche
Université du Québec à Trois-Rivières
Professeur Marc L. Johnson, Codirection de recherche
Université du Québec à Trois-Rivières
Professeure Farrah Bérubé, Présidence du jury
Université du Québec à Trois-Rivières
Professeure Marie-Ève Carignan, Membre externe
Université de Sherbrooke
Professeure Stéphanie Yates, Membre externe
Université du Québec à Montréal
