De joueuse étoile sur les scènes collégiale, universitaire et internationale à entraîneuse-cheffe des Patriotes de l’UQTR, Marie-Christine Mondor n’a jamais cessé de faire évoluer le volleyball québécois. Après une carrière marquée par les succès et les défis, elle met aujourd’hui son expérience au service de ses athlètes, tout en contribuant au développement du volleyball de plage grâce à son projet, l’Académie Pro-Beach.
Une carrière entre deux terrains
C’est au secondaire que Marie-Christine a découvert le volleyball, alors qu’elle résidait à Terrebonne. Dès ses débuts, elle se démarquait sur le terrain, au point d’être sélectionnée à plusieurs reprises par Équipe Québec. Elle s’est ensuite fait recruter par les Voltigeurs du Cégep de Sherbrooke dans le programme de division 1.

Médaille d’or au championnat du Geroskipou Challenger (FIVB) à Chypre en 2008
Au cours de ses deux saisons dans les rangs collégiaux, elle a contribué à la conquête de deux championnats canadiens consécutifs. Elle a d’ailleurs fait partie de la première équipe d’étoiles du championnat lors de sa première saison, et a été désignée joueuse par excellence du tournoi, en plus d’être élue joueuse de l’année au niveau national à sa deuxième année.
À la suite de son remarquable parcours collégial, Marie-Christine a rejoint les rangs du Rouge et Or de l’Université Laval en 2007. Son parcours universitaire fut assez atypique, puisqu’elles jouaient aussi pour l’équipe canadienne de volleyball de plage. Pendant plusieurs années, elle a donc dû partager son temps entre les saisons d’intérieur, les pratiques de volleyball de plages et parfois les qualifications olympiques qui se tenaient un peu partout dans le monde pendant l’année.
Malgré cet horaire exigeant, elle a connu beaucoup de succès dans ses années avec l’Université Laval. L’équipe a gagné la première médaille d’or du programme et deux médailles d’argent les saisons suivantes au championnat canadien universitaire. En parallèle, elle a remporté le championnat du Geroskipou Challenger (FIVB) à Chypre en 2008 avec sa coéquipière Anouk Boileau, et a obtenu un record du service le plus rapide du monde pendant deux années consécutives.
En 2012, à la fin de son parcours universitaire, elle choisit de mettre un terme à sa carrière en volleyball de plage afin de se consacrer entièrement au volleyball intérieur et d’explorer de nouveaux défis. Aux portes du volleyball professionnel, des occasions de poursuivre sa carrière aux îles Canaries et en Italie se sont présentées à elle. Toutefois, une importante blessure à l’épaule a ébranlé sa confiance quant à sa capacité de performer. Elle a alors décidé de prendre une année sabbatique, une pause qui s’est finalement transformée en une retraite sportive prématurée.
Entre les entraînements, les nombreux déplacements et les exigences du sport de haut niveau, Marie-Christine a accumulé beaucoup de volume de jeu. Au-delà des résultats sportifs, ces années lui ont permis de développer une grande résilience et de vivre des expériences marquantes qui ont façonné la personne qu’elle est devenue.
Redonner au volleyball de plage
Pendant son parcours sur la scène internationale, elle et sa coéquipière ont lancé un projet d’envergure.
Dans le but de redonner différemment, l’ancienne partenaire de volleyball de plage de Marie-Christine avait le projet de bâtir un club de volleyball de plage organisé, afin de développer des athlètes de niveau national. C’est donc en 2008 que le projet de l’Académie Pro-Beach est né.
Seulement implantées dans la ville de Québec au départ, elles ont fondé le premier club de volleyball de plage organisé au Québec. L’organisation a rapidement grandi, notamment grâce à l’affiliation avec la ville de Québec et la création du Centre d’Excellences du Québec présent pour développer l’élite féminine et masculine. Pendant longtemps, les passionnés de volleyball venaient d’un peu partout pour jouer avec l’Académie Pro-Beach. Dû à la demande, le club a pris de l’expansion et s’occupe maintenant de ligues sur la Rive Sud de Québec et à Trois-Rivières. Présentement c’est plus de 160 joueurs et joueuses par soirs qui sont associés à Pro-Beach.
« On voulait redonner en s’installant et en développement un peu le talent qu’il y a au Québec pour essayer de développer des athlètes un peu plus internationaux. Et c’est ce qu’on fait.»
Une vocation inattendue
Détentrice d’un baccalauréat en intervention sportive, Marie-Christine souhaitait se diriger vers la gestion sportive. Son parcours l’a toutefois menée vers l’entraînement d’équipes de volleyball.
« Je me suis ramassée au coaching. Ça ne m’intéressait vraiment pas au départ, mais finalement, je me suis ramassée là », affirme l’entraîneuse-cheffe en riant.

En 2016 elle est devenue entraîneuse adjointe de l’équipe de volleyball de l’Université Laval. Ce poste représentait une belle occasion, puisqu’elle connaissait déjà plusieurs joueuses et en entraînait au volleyball de plage. Après quelques saisons, elle a choisi de se retirer afin d’explorer de nouvelles opportunités. En 2019, les Patriotes de l’UQTR l’ont appelée pour prendre en charge l’équipe de volleyball, mais aussi pour assurer la transition du programme vers le calibre de division 1.
« C’était vraiment un gros défi, mais j’adore créer des projets. Comme j’ai fait au beach, comme j’ai fait un peu partout, j’adore ça. Donc nous sommes encore dedans, mais on travaille fort et on évolue d’année en année. On le voit.»
Avec le temps, elle s’est construit une équipe d’entraîneurs qui la complète et à laquelle elle accorde toute sa confiance. Aujourd’hui, c’est ce qui pousse l’équipe vers le haut. N’étant pas une personne qui recherche l’attention, Marie-Christine confirme que l’esprit d’équipe est l’une des premières valeurs qui guident son travail.
« La chimie est aussi importante entre les athlètes qu’entre les entraîneurs. Quand je les ai approchés, je savais que c’étaient ces personnes-là que je voulais pour nous entourer.»
Le bien-être des athlètes est également au cœur de sa philosophie d’entraîneuse. Ayant déjà poussé son corps à bout avec le surentraînement, elle priorise aujourd’hui la santé de toutes les joueuses de son équipe. Un autre aspect qui témoigne de la proximité qu’elle entretient avec ses athlètes. Elle confirme donc qu’elle sélectionne ses joueuses et ses collègues en fonction des valeurs qu’ils partagent et de leur attitude.
« C’est une famille. Nous sommes presque 24 heures sur 24 ensemble pendant la saison, donc c’est certain que ça prend des affinités communes. »
Encore un bout de chemin a tracé

Même si ce n’est pas nécessairement le parcours qu’elle pensait avoir, Marie-Christine Mondor est devenue une entraîneuse-cheffe établie dans le milieu du volleyball.
À travers ses nombreux projets, elle réussit à rester polyvalente, proche de ses athlètes et passionnée. Elle est une des rares entraîneuses-cheffes qui ont fait leur place dans un métier majoritairement masculin. Grâce à son impressionnant passé d’athlète, elle a pu être respectée un peu plus rapidement que la plupart de ses collègues.
«Ce n’est pas une fierté parce qu’il en manque dans le monde du sport des entraîneuses-cheffes. Mais je vais tenir mon bout et je n’ai pas l’intention de partir d’ici, on va tout faire pour en inspirer d’autres, mais c’est sûr qu’on a un chemin tracer.»
En somme, Marie-Christine est une entraîneuse qui se démarque par son caractère, son savoir-faire et son esprit d’équipe. Entourée d’une famille qu’elle a minutieusement construite avec le temps, elle est déterminée plus que jamais à amener l’équipe de volleyball des Patriotes encore plus loin chaque année. Toujours en continuant d’alimenter le volleyball de plage au Québec, un sport qui a littéralement changé sa vie.
Un texte de Sarah-Maude Ritchot
