Fière Patriote de l’équipe de flag-football depuis 2023, Béatrice Gaumond mène de front les exigences du sport universitaire et celles d’un parcours académique ambitieux. Diplômée d’un baccalauréat en sciences comptables et maintenant engagée dans une maîtrise en administration des affaires (MBA), elle a appris à composer avec les imprévus, à repousser ses limites et, surtout, à ne jamais tenir sa place pour acquise.
Pour Béatrice, son parcours vers le flag-football universitaire n’a rien d’un chemin tout tracé. Au cégep, elle partageait déjà son temps entre ses études en sciences de la nature, le basketball, le flag-football et un emploi chez Desjardins. Un horaire chargé qui lui a permis de développer une discipline et une polyvalence dont elle mesure encore aujourd’hui les bénéfices. Son arrivée chez les Patriotes s’est toutefois faite de manière inattendue. Alors qu’elle avait amorcé son parcours universitaire dans un autre établissement, elle a pris l’initiative d’écrire à l’entraîneur des Patriotes de l’époque sur Instagram dans l’espoir de participer à un entraînement et, éventuellement, d’intégrer l’équipe. Cette première expérience ne s’est pas déroulée comme elle l’espérait. Elle a plutôt obtenu une place comme partenaire d’entraînement. Loin de se décourager, Béatrice a continué à s’entraîner, même si elle ne faisait pas encore officiellement partie de la formation. Son objectif était clair, celui de jouer au flag-football universitaire. Une occasion s’est finalement présentée juste avant le premier tournoi de l’équipe, alors que le départ d’une coéquipière lui a permis d’obtenir une place dans l’alignement de départ comme rusher. Un rôle défensif qui consiste notamment à mettre de la pression sur la quart-arrière adverse.
Cette première occasion lui a permis de faire sa place au sein de la formation.
« Ce ne sont pas toutes les recrues qui commencent leur première saison dans l’alignement, donc j’ai pris ce défi-là avec plaisir », explique Béatrice.
Un retour qui exige de tout recommencer
L’an dernier, un stage coopératif de huit mois l’a éloignée du terrain. À son retour, après une période de travail particulièrement exigeante, elle a dû retrouver ses repères et se soumettre à de nouvelles sélections sous la direction d’un nouvel entraîneur-chef. Faute de temps de préparation, Béatrice n’a pas été retenue dans la formation pour sa troisième année au sein du programme. Cependant, loin de renoncer à son objectif, elle a décidé de tout mettre en œuvre pour obtenir une nouvelle chance. Afin de maximiser ses possibilités, elle a accepté de se déplacer à Montréal plusieurs fois par semaine pendant l’été pour participer à des entraînements supplémentaires, sans avoir la certitude que ses efforts lui permettraient de réintégrer l’équipe.
« Mes parents me trouvaient intense de faire ça, mais je leur disais que je ne pouvais pas rentrer à l’université à l’automne et ne pas jouer au flag. J’aurais capoté! », raconte-t-elle.
Deux semaines plus tard, l’entraîneur-chef Julien Proulx lui confirmait finalement sa place dans l’équipe.
Cette expérience a profondément transformé sa façon d’aborder le sport. Habituée à connaître du succès dans ses différentes disciplines, elle a découvert l’incertitude liée à une sélection et a dû revoir sa perception de sa propre place au sein d’une équipe. Depuis, elle ne considère plus sa présence dans l’alignement comme acquise, mais plutôt comme une occasion qu’elle doit continuer de mériter.
« Depuis, je donne toujours mon 150 %. Ça m’a appris que rien n’est à tenir pour acquis et je suis vraiment contente d’avoir compris ça », résume-t-elle.
Depuis son retour, Béatrice continue d’évoluer comme joueuse. Principalement utilisée comme rusher, elle a également eu l’occasion de contribuer à l’offensive à titre de receveuse. Au Championnat canadien de 2026, elle a notamment inscrit dix touchés en sept matchs et donc grandement contribué à la médaille de bronze de son équipe. Cette polyvalence témoigne de sa volonté de répondre aux besoins sur le terrain et de continuer à développer son jeu. Ses ambitions dépassent d’ailleurs le cadre universitaire. Elle envisage de participer aux essais de l’équipe canadienne et espère obtenir une invitation à un camp à San Diego. Les Jeux olympiques 2028 font également partie de ses aspirations à long terme, même si elle sait que le chemin pour y parvenir est encore long.
Une chose demeure toutefois certaine, c’est que Béatrice n’est pas prête à abandonner.
« Je ne suis vraiment pas prête à laisser tomber ce sport. Je savais que j’avais encore à donner et c’est pour ça que je voulais autant ma place »
La même détermination sur les bancs d’école
Cette persévérance se reflète également dans son parcours académique. Après avoir terminé un baccalauréat en sciences comptables, Béatrice a choisi de poursuivre ses études à la maîtrise en administration des affaires plutôt que de s’arrêter à son premier diplôme universitaire, mais aussi pour passer son examen de l’ordre des CPA en 2027. Ce choix s’accompagne de nouvelles exigences, puisque son programme comprend des cours supplémentaires assortis d’une moyenne minimale à respecter, en plus de la rédaction d’un essai. À cela s’ajoutent les entraînements, les déplacements, les compétitions et les responsabilités liées à sa vie personnelle.
Son baccalauréat en formule coopérative, qui comprenait notamment un stage de huit mois et des sessions d’été, lui a appris à composer avec des périodes où le temps devient une ressource particulièrement précieuse. Malgré ces exigences, elle a pu compter sur la compréhension de ses professeurs, qui reconnaissaient sa réalité d’étudiante-athlète chez les Patriotes. Leur soutien a été particulièrement apprécié durant les moments plus difficiles, alors qu’elle devait jongler avec plusieurs engagements.
Aujourd’hui, le fait d’avoir déjà signé avec l’un des cabinets comptables internationaux les plus réputés au monde lui permet d’aborder ses études avec une perspective différente. Plutôt que de chercher à obtenir la meilleure note possible dans chaque cours, elle concentre davantage ses efforts sur la réussite de ses cours et l’atteinte de son objectif de terminer sa maîtrise.
« L’important, c’est de la réussir plus que d’autres choses. C’est sûr que je suis perfectionniste et que je vais toujours bien faire les choses, mais j’essaie de m’enlever de la pression avec ça », explique-t-elle.
Trouver son équilibre
Béatrice a toujours eu un horaire chargé, et ce, depuis le secondaire. Pour réussir à concilier toutes les sphères de sa vie, elle a développé plusieurs habitudes qui lui permettent de mieux s’organiser et de donner le meilleur d’elle-même, autant sur le terrain que dans ses études. Elle mise d’abord sur la planification. Chaque semaine, elle prépare son horaire afin de réserver du temps aux études, aux entraînements et à sa vie personnelle. Cette organisation lui permet de garder le cap, de ne rien oublier et de réduire une partie du stress lié à son emploi du temps bien rempli.
Elle souligne également l’importance de préserver une vie sociale. Ses amis, tant dans ses cours que dans l’équipe, occupent une place importante dans son quotidien. Ils lui permettent de décrocher, de partager de bons moments et de traverser plus facilement les périodes exigeantes.
« Je suis chanceuse parce que la plupart de mes amis se trouvent dans mon équipe de flag ou dans mes cours. Mes parents aussi, ce sont mes personnes préférées sur la planète et je suis vraiment reconnaissante de les avoir! »
Le soutien de sa famille joue lui aussi un rôle essentiel, en vivant chez ses parents, elle bénéficie d’une aide concrète qui lui permet de consacrer davantage de temps à ses différentes responsabilités. Derrière les performances sportives et les résultats scolaires se trouve donc un entourage qui contribue, lui aussi, à son parcours. Car, même si c’est Béatrice qui doit se présenter aux examens et sur le terrain, elle n’a pas à relever tous les défis seule.
Qu’il s’agisse de décrocher une place au sein des Patriotes, de poursuivre des études supérieures ou d’envisager un jour une carrière sur la scène internationale, Béatrice avance avec la même volonté de progresser, même lorsque le résultat demeure incertain. Son parcours rappelle que la réussite ne repose pas uniquement sur le talent ou les occasions qui se présentent. Elle se construit aussi dans les moments moins visibles, ceux où il faut persévérer sans garantie, réorganiser ses priorités et trouver la motivation de recommencer. Si ses ambitions sportives la poussent à regarder toujours plus loin, son parcours académique témoigne de la même capacité à se projeter dans l’avenir, sans perdre de vue les efforts nécessaires pour y arriver.
Sur le terrain comme dans ses études, Béatrice Gaumond incarne ainsi la persévérance et la détermination. Son parcours démontre qu’il est possible de poursuivre plusieurs ambitions à la fois, de s’épanouir dans le sport et de bâtir son avenir professionnel, à condition de croire en ses capacités, de savoir s’entourer et de continuer à avancer, même lorsque le chemin se complique.
Un texte de Sarah-Maude Ritchot
