L’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) obtient deux nouvelles chaires de recherche du Canada de niveau 2, à la suite de l’annonce effectuée par le gouvernement fédéral le 23 octobre. Leurs titulaires sont les professeurs Jean-Philippe Leduc-Gaudet, du Département de biologie médicale et Simon Houle, du Département de gestion des ressources humaines et porteront respectivement sur la compréhension de l’inflammation dans le but de préserver le muscle, ainsi que sur le bien-être au travail. Chaque chaire est financée à hauteur de 600 000 $ sur cinq ans.
Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en inflammation (IRSC), Jean-Philippe Leduc-Gaudet étudie comment l’inflammation chronique contribue à la perte de masse et de force musculaires, que l’on observe au cours du vieillissement et dans de nombreuses maladies neuromusculaires. Ses travaux portent sur les liens entre l’inflammation, l’autophagie (le mécanisme de « recyclage » des cellules) et les mitochondries, et sur des pistes thérapeutiques comme l’exercice.
La Fondation canadienne pour l’innovation lui accorde aussi 78 215 $ pour acquérir un système de respirométrie haute résolution, une première à l’UQTR. Cet appareil permettra de mesurer avec une grande précision l’activité des mitochondries dans de petits échantillons de tissu musculaire. Il sera intégré à la plateforme de recherche métabolique du Groupe de recherche en signalisation cellulaire (GRSC) et accessible à d’autres équipes.
Arrivé à l’UQTR en 2023, le chercheur s’est notamment fait connaître pour la découverte du gène MYTHO, un régulateur clé de l’intégrité musculaire, publiée dans Nature Communications. À plus long terme, il souhaite documenter la santé musculaire des populations urbaines et rurales de la Mauricie et du Centre-du-Québec, où les données cliniques sont encore rares.
Le bien-être au travail, une affaire d’organisation
Avec la Chaire de recherche du Canada sur les fondements méso et macro-sociaux du bien-être au travail (CRSH), Simon Houle propose de dépasser les approches centrées uniquement sur l’individu ou uniquement sur l’organisation. Son programme part d’un constat : les organisations et les personnes qui y travaillent évoluent ensemble.
La chaire développera des outils de diagnostic qui mesurent la santé psychologique, la culture et le climat de travail, ainsi que leurs retombées économiques, comme l’absentéisme, le présentéisme et le roulement de personnel. Ces outils aideront les gestionnaires à orienter leurs investissements et leurs interventions, et éclaireront les politiques publiques.
Membre du Groupe de recherche sur le mieux-être au travail (M2Être), le professeur Houle est titulaire d’un doctorat en psychologie de l’Université Concordia. Il a réalisé des stages postdoctoraux à HEC Montréal et à l’UQTR, et mené des mandats de recherche pour Statistique Canada, le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada et le ministère de la Défense nationale.
« Ces deux chaires illustrent bien la force de l’UQTR : une recherche fondamentale de haut niveau en santé et en sciences sociales qui répond directement aux besoins des organisations. Qu’il s’agisse de préserver la santé musculaire de la population vieillissante ou d’outiller les milieux de travail pour mieux soutenir leurs employé·es, les travaux de Jean-Philippe Leduc-Gaudet et de Simon Houle auront des retombées concrètes, ici, en Mauricie, comme ailleurs au pays », souligne Sébastien Charles, vice-recteur à la recherche et au développement de l’UQTR.
« Les chaires de niveau 2 sont destinées aux chercheurs émergents les plus prometteurs. Voir deux de nos professeurs de la relève obtenir cette reconnaissance confirme que l’UQTR sait attirer et faire grandir des talents capables de se démarquer à l’échelle nationale. Ces chaires leur donnent les moyens de bâtir des équipes et de former la prochaine génération de chercheuses et de chercheurs », explique pour sa part Jean-François Millaire, doyen de la recherche et de la création.
Soutien aux coûts indirects de la recherche
Dans le cadre de la même annonce, l’UQTR reçoit 3 037 108 $ du Fonds de soutien à la recherche du gouvernement du Canada pour 2026-2027. Ce financement couvre une partie des coûts indirects de la recherche : entretien des installations et des laboratoires, ressources documentaires, gestion des subventions, éthique de la recherche et valorisation des résultats.
