Le mercredi 21 octobre, les Grandes Conférences de l’UQTR accueillaient le journaliste émérite et analyste en géopolitique Jean-François Lépine pour sa conférence « La décennie dangereuse ». L’événement, ouvert à toute la population, a connu une affluence telle qu’il a fallu déplacer la conférence vers l’auditorium Ludger-Duvernay, du pavillon Albert-Tessier, afin d’accueillir le plus grand nombre.
Une décennie qui porte bien son nom
D’entrée de jeu, M. Lépine a situé le fil conducteur de sa conférence : « C’est Vladimir Poutine qui, après l’invasion de l’Ukraine en 2022, a parlé d’une “décennie dangereuse”. Pourtant, plusieurs signes annonciateurs étaient déjà visibles. La pandémie de COVID-19, en 2020, nous a révélé un monde plus fragile qu’on ne le croyait et une Chine beaucoup plus affirmée sur la scène internationale. »
Il a ensuite tracé une ligne entre plusieurs événements des dernières années : l’invasion de l’Ukraine, l’attaque du Hamas contre Israël et la riposte israélienne, puis les tensions liées au second mandat de Donald Trump. « Lorsqu’on met ces événements bout à bout, on constate que nous sommes entrés dans une période marquée par la confrontation, l’improvisation et le recours à la force », a-t-il résumé, décrivant un monde devenu « multipolaire et transactionnel », où « les anciennes certitudes s’effritent ».

Le journaliste émérite et analyste en géopolitique Jean-François Lépine, en ouverture de sa conférence « La décennie dangereuse ». (Photo: Isabelle Cardinal, UQTR)
Regard sur la Chine, laboratoire du siècle
Une partie importante de la conférence a porté sur la Chine contemporaine, un pays que M. Lépine a bien connu pour y avoir vécu. « À bien des égards, la Chine est devenue le laboratoire du XXIe siècle. Si nous voulons comprendre le monde qui vient, nous devons observer attentivement ce qui s’y passe », a-t-il affirmé, soulignant à la fois ses avancées technologiques et environnementales, et leur utilisation comme levier d’influence politique.
Un appel à l’action pour les démocraties
M. Lépine a conclu sa conférence sur un ton lucide, mais porteur d’espoir. Il a invité les démocraties à retrouver leur capacité d’agir et de dialoguer, rappelant que « la confiance ne se décrète pas : elle se reconstruit ». Il a également pointé certains retards accumulés par le Québec et le Canada, évoquant la disparition d’entreprises comme Nortel, BlackBerry ou la division ferroviaire de Bombardier.
Malgré ce portrait exigeant, le conférencier a terminé sur une note d’optimisme : « Je demeure convaincu que nous pouvons reprendre l’initiative. Si nous choisissons d’investir dans notre développement, d’améliorer nos performances collectives et de ne pas nous laisser enfermer dans le pessimisme ambiant, nous avons la capacité de bâtir une société plus résiliente. »
Les Grandes Conférences de l’UQTR tiennent à remercier le public pour son enthousiasme à l’égard de cette activité, ainsi que M. Lépine pour la richesse de ses propos.

La conférence de Jean-François Lépine a connu un tel succès qu’un changement de salle a été nécessaire pour répondre à l’engouement du public. (Photo: Isabelle Cardinal, UQTR)
