La protéine BCL6 (B cell lymphoma 6) pourrait jouer un rôle clé dans le maintien de santé musculaire, comme le suggère une étude menée chez la souris. L’équipe du professeur Jean-Philippe Leduc-Gaudet, du Département de biologie médicale de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), en collaboration avec une équipe de l’Université de Toronto dirigée par la Dre Minna Woo et une équipe de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) dirigée par le professeur Gilles Gouspillou, vient de publier un article important dans la revue Molecular Metabolism, une revue internationale de premier plan dans les domaines du métabolisme et de la physiologie.

Image obtenue par microscopie électronique à transmission (TEM) montrant une accumulation marquée de particules de glycogène (structures électron-denses, visibles sous forme de points noirs) dans les régions inter-myofibrillaires. (Source: Jean-Philippe Leduc-Gaudet)
Les chercheurs ont utilisé une approche multidisciplinaire pour identifier les mécanismes par lesquels BCL6 contribue au maintien de la santé musculaire, y compris des études avec des modèles de souris, des analyses histologiques des muscles, de la microscopie électronique en transmission (TEM) pour étudier les structures mitochondriales, des analyses d’expression génique, ainsi que des approches fonctionnelles, telles que l’évaluation de la respiration mitochondriale et des propriétés contractiles.
En utilisant un modèle de souris transgénique dépourvue de BCL6 spécifiquement dans les muscles, les chercheurs ont démontré que ces animaux présentaient une atrophie musculaire d’environ 40 % comparativement aux contrôles exprimant BCL6. D’autres expériences ont également révélé que les souris sans BCL6 avaient davantage de dysfonction mitochondriale. Les chercheurs proposent que la perte de BCL6 entraîne une augmentation de l’expression de SOCS2, ce qui perturbe la voie de signalisation IGF1/AKT et contribue à la diminution de la masse musculaire. Enfin, cette étude suggère également que BCL6 joue un rôle important dans les adaptations à l’entraînement en endurance et que son expression diminue avec le vieillissement.

À gauche, Krystel Desjardins (UQAM) et Catherine Bellissimo (UHN) réalisant des expériences de respiration mitochondriale sur fibres musculaires perméabilisées (ex. système Oroboros O2k), permettant l’évaluation fonctionnelle de la chaîne respiratoire in situ. Au centre, coloration SDH (succinate déshydrogénase) sur coupes musculaires, révélant une diminution de l’activité oxydative mitochondriale dans le muscle de souris dépourvu de BCL6. À droite, une partie de l’équipe ayant contribué à la réalisation des expériences : Stephanie Chau, Catherine Bellissimo, Krystel Desjardins, Evan Pollock-Tahiri, Shirine E. Usamani, Junyoung Park et Jean-Philippe Leduc-Gaudet. (Source: Jean-Philippe Leduc-Gaudet)
Fruit d’une collaboration interuniversitaire, cette étude met en évidence le potentiel de BCL6, cible prometteuse pour le développement de nouvelles stratégies visant à prévenir ou ralentir la perte musculaire, notamment dans le contexte du vieillissement, de la cachexie liée au cancer et des maladies neuromusculaires.
Ce projet illustre l’importance du travail d’équipe et de la collaboration entre chercheurs aux expertises complémentaires pour faire avancer la recherche biomédicale et générer de nouvelles connaissances.
Pour consulter l’article : https://authors.elsevier.com/sd/article/S2212-8778(26)00051-7

